Nîmes la romaine fut une cité antique florissante et sans doute extraordinaire. Son patrimoine nous laisse apercevoir toute l’histoire de la cité. Toutes les cités antiques d’importances furent fortifiées pour leur protection et il nous en reste parfois un bout de mur par-ci et une porte par-là, c’est le cas de Nîmes qui conserve deux de ses antiques portes : la Porte de France et la Porte d’Auguste.
Construction d’une muraille
Au sein de la Gaule Narbonnaise, une province de l’Empire Romain, l’on retrouve la Colonia Augusta Nemausus. Comme son nom le laisse imaginer, Nîmes va bénéficier de la faveur de l’Empereur Auguste. De fait, la cité va pouvoir bâtir sa muraille : une enceinte de 6 kms parsemée de 80 tours et d’une dizaine de portes. Les remparts sont hauts de 9 mètres et larges de 2,5 mètres.
N’oublions pas que Nemausus a une position importante dans la province car la cité est traversée par la Via Domitia, qui relie l’Italie et l’Espagne, encore visible entre les arches de la porte d’Auguste.
Cette fameuse enceinte fut bâtie entre 16 et 15 av. JC, la porte d’Auguste date donc de la même période. Malheureusement la porte qui nous est parvenue est fragmentaire. A l’époque de sa construction, c’est un édifice massif et puissant. En y faisant face, l’on aperçoit deux grandes arches centrales qui étaient destinées aux cavaliers, aux convois, aux chars, flanquées de deux petites arches latérales, sans doute réservées aux piétons. L’organisation des entrées et sorties et donc pensées avec intelligence dans l’antiquité.
Cette porte sera fortifiée à l’aide de deux énormes tour semi-circulaires flanquées sur la partie centrale, pour défendre l’accès en cas d’attaque mais également contrôler les marchandises ou encore surveiller les individus.
Au-dessus du niveau visible, il en existait sans doute un deuxième permettant à des fonctionnaires de la cité d’être présentant et à de la soldatesque d’assurer les missions de sécurité.
Cette porte aura la chance d’être bâtie en grand appareil, c’est-à-dire en énorme blocs de calcaire très bien taillés sans mortier. Cette technique romaine permet une solidité incomparable, une résistance au séisme et une étonnante longévité.
Par ailleurs, en faisant quelques pas en longeant les vestiges l’on découvre l’arrière de la porte aux murs sans doute remaniés mais qui permettent d’appréhender la largeur du bâtiment et d’en mieux comprendre la construction.
Monument de prestige
La Porte d’Auguste est également un monument de prestige. En effet, elle est bâtie en grand appareil mais son importance ne s’arrête pas là. Elle comporte une inscription creusée dans le calcaire, sans doute destinée à recevoir du bronze :
IMP. CAESAR DIVI F. AUGUSTUS COC. XI TRIB. POTEST. VII
PORTAS MUROS COL. DAT.
(César Auguste, fils du divin consul pour la onzième fois revêtu de la puissance tribunitienne pour la huitième fois, donne ces portes et ces murs à la colonie)
Sur les deux grandes arches, l’on peut retrouver en clé de voûte des avant-trains de taureau. Comble du précieux, au-dessus des arches réservées aux piétons, l’on trouve des niches faites pour y glisser des statues : on peut poser l’hypothèse d’y trouver des statues d’Auguste et d’Agrippa.
Attachés à l’héritage romain, les nîmois vont souhaiter déposer dans la cour arrière de la porte, une statue de l’Empereur Auguste, qui si bon pour la cité.
Ainsi, le matin du 11 novembre 1939, la statue d’Auguste est posée sur son socle, au-devant de cyprès plantés en 1931. Le modèle de la statue n’est autre qu’un statue impériale conservée au sein du Musée du Vatican.