Paris, capitale de France et des arts, recèle de nombreux monuments qui racontent l’histoire de la Nation certains plus célèbre que d’autre comme l’Arc de Triomphe de l’Étoile. Nombre de personnes se pressent au sein du plus grand musée européen, le musée du Louvre, pour en admirer les chefs d’œuvre ou sa pyramide tout en oubliant de s’intéresser ou tout du moins de poser le regard sur l’Arc de Triomphe du Carrousel. Ce monument fameux nous invite à une plongée dans l’épopée militaire napoléonienne.
L’Arc de Triomphe du Carrousel, symbole des victoires du Premier Empire
Les 5 et 6 juin 1662, le Roi Louis XIV donne un spectacle équestre devant le Palais des Tuileries pour la naissance de son fils, le Dauphin Louis de France. La place sera donc nommée le Grand Carrousel et c’est donc l’origine du nom de cet Arc de Triomphe voulu par l’Empereur Napoléon Ier.
Depuis la Révolution Française et la mort du Roi Louis XVI, la France est l’ennemi à abattre étant donné que la République naissante pourrait affaiblir voire faire vaciller les monarchies européennes. Les Premières et Deuxièmes Coalitions vaincues par la France permettent de renforcer la position de cette dernière. L’Angleterre reste toujours un ennemi résolu de la France. De fait, le Directoire puis le Consulat, avec à sa tête Napoléon Bonaparte, décident d’un blocus économique et de l’organisation d’une armée d’invasion du Royaume-Uni. Depuis Boulogne-sur-Mer et d’autres positions, des camps sont organisés et l’armée se prépare en s’exerçant en attendant le moment propice pour fondre sur l’Angleterre.
Le 2 décembre 1804, Napoléon se sacre Empereur des Français pour renouer avec la monarchie et limiter les conflits avec les autres pays du continent. Malgré tout, l’Angleterre reste affairée contre la France qui annexe nombre de territoire et se fait le banquier de l’Europe pour organiser des conflits contre la France. Ainsi donc, l’Empire d’Autriche, l’Empire Russe, le Royaume de Suède et le Royaume de Naples se liguent dans une Troisième Coalition qui fait s’éloigner le rêve de conquête de l’Angleterre pour l’armée rebaptisée la Grande Armée, dont la Colonne de Boulogne-sur-Mer rappelle le souvenir des ambitions françaises.
La Grande Armée prend la route de l’Allemagne. Elle franchit le Rhin en septembre 1805. Après une victoire contre le gros de l’Armée autrichienne à Elchingen, le Général Mack et les reste de son armée se réfugient à Ulm. Ils finissent par capituler le 20 octobre.
Le reste de l’armée autrichienne de l’Archiduc Charles recule en ordre vers Vienne, qui se prise par la Grande Armée. L’armée autrichienne parvient avec faire la jonction avec l’armée russe commandée par le Général en chef Koutouzov. Conscient de son infériorité numérique, Napoléon Ier avec choisir un terrain, y emmener l’ennemi et se jouer de lui pour gagner une éclatante victoire à Austerlitz, le 2 décembre 1805.
La défaite est humiliante pour les austro-russe qui comprennent que la guerre est gagnée par la France impériale. De fait, le 26 décembre 1805 est signé le Traité de Presbourg qui est un véritable triomphe pour la France : les états italiens de l’Autriche et la Bavière sont cédés à la France, le Saint-Empire-Romain-Germanique est dissout et remplacé par la Confédération du Rhin qui ressemble à un Protectorat dominé par la France.
A la suite de cette victoire, les Français obtiennent l’intégration de Venise aux états italiens et subtilisent le quadrige, un ensemble de quatres chevaux provenant de l’hippodrome de Constantinople.
L’Arc de Triomphe du Carrousel, un ensemble à la gloire de l’Empire
L’Empereur Napoléon Ier décide d’ériger un monument à la gloire du Premier Empire, en souvenir des victoires éclatantes de la Grande Armée. Il choisit un ensemble prenant place devant le Palais des Tuileries et en constituant le portail d’accès. Ce voulant dans la lignée des empereurs romains, Napoléon Ier veut construire un Arc de Triomphe. Il prend pour modèle l’Arc de Constantin que l’on peut voir à Rome situé sur l’ancienne route des triomphes, entre le Palatin et le Colisée.
Les dimensions sont importantes : 15 mètres de haut, 19 mètres de long et 8 mètres de large. L’ensemble fut érigé par Percier et Fontaine qui furent souventes employés sous le Premier Empire.
En véritable mise en scène du pouvoir impérial, l’Arc reprend les codes de l’Empire Romain : les colonnes corinthiennes en marbres rouge, des statues de marbres de soldats en grands uniformes, chaque face est ornée d’un bas-relief en marbre jaune. Une frise de marbre rouge circule tout autour du monument.
L’extérieur est élégamment travaillé tout comme l’intérieur où le soin et le faste sont présents. Chaque arche possède son plafond décoré de symboles tout droits venus de l’antiquité ainsi que de représentation de trophées d’armes militaire.
Napoléon use de son Arc de Triomphe nommé du Carrousel pour faire son entrée dans un lieu hautement symbolique de la monarchie royale. La mise en scène doit impressionnée et rappeler la grandeur du Premier Empire.
Aujourd’hui et après quelques restaurations il regagne de l’importance. Sa beauté architecturale, son rappel à l’antiquité et son symbole de mémoire de la Grande Armée existent toujours. Depuis la destruction des Tuileries il est un portail entre le Palais du Louvre et le Jardin des Tuileries. Il nous rappelle les évènements qui tendent à être oubliés de notre histoire. L’Arc de Triomphe du Carrousel est finalement un portail qui symbolise malgré lui la continuité entre la Royauté, l’Empire et la République.